Vin de la semaine

La chronique Le Vin de la Semaine est une émission intégrée à Marmelade, la nouvelle émission culturelle de Canal9. Les premières émissions seront itinérantes, enregistrées dans différents théâtres du canton. Avec à chaque fois des invités du monde de la culture, qui ont la chance de déguster le vin et de profiter des conseils de nos quatre spécialistes qui se relaient pour vous.

Petite Arvine, Cave "L'Or du Vent", B. Mermoud (Veyras)

Petite Arvine, reine du vignoble valaisan. Un cépage qui couvre désormais 165 ha en Valais. Ce qui en fait le 3e blanc du canton, derrière les classiques Fendant et Johannisberg.

De la Petite Arvine, Bernard Mermoud de la Cave l'Or du Vent à Veyras, en cultive 2500 mètres carrés, sur les communes de Veyras et de Miège. Des ceps adultes, 18 ans de moyenne d'âge qui prospèrent dans un terroir calcaire parfaitement exposé. Bernard Mermoud vise une maturité approchant les 100° Oechslé pour des rendements de 800 grammes au mètre.

La récolte de Bernard Mermoud est vinifiée par son cousin Claudy Clavien. Une vinification en cuves, avec une seule fermentation et un élevage sur lies. Tout ce qu'il faut pour un juste équilibre entre structure, gras et fraîcheur. La mise en bouteille intervient début avril.

Lorsqu'il parle de la Petite Arvine, Bernard Mermoud s'exclame: "J'adore"! Et ce qu'il aime dans ce cépage, on le retrouve dans cette bouteille 2012: complexité, fraîcheur, originalité des arômes.

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Cave "La Siseranche", M. et X. Giroud

Johannisberg, appellation valaisanne du cépage Sylvaner, ou Rhin, selon les régions. C'est à Chamoson qu'on lui voue la plus grande passion. A la Cave la Siseranche, Maurice Giroud et son fils Xavier en cultivent 6000 mètres carrés, dans les meilleures zones du vignoble. Les vignes sont âgées de 15 à 40 ans. Après un sérieux dégrappage, elles produisent 900 grammes au mètre carré. En 2012, les grappes avouaient un taux de sucre de 97° Oechslé.

A la Cave, les Giroud vinifient leur Johannisberg au plus près de la tradition, en cuves inox.. Toujours avec deux fermentations,. "un choix impératif si l'on veut conserver les arômes", comme le martèle volontiers Maurice Giroud.

Son Johannisberg 2012 restera dans les annales comme l'une des deux bouteilles choisies par les spécialistes du lieu pour être le témoin du millésime au fil des ans, dans le Conservatoire du Johannis de Chamoson. Mérité pour ce vin de grande expression, un cheval de bataille dans la vaste production de la cave forte d'une trentaine de références.

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Gamay, Cave "La Grotte", St-Léonard

Vous, je ne sais pas, mais moi, j'aime le Gamay. Un vin rouge qui fait généralement la part belle au fruité. Celui de la Cave La Grotte, produit par Pierre et Alexis Schwery à St-Léonard en est un bel exemple.

La majeure partie du Gamay des frères Schwery prend naissance dans le vignoble de Plan-Loggier sur les hauts de St-Léonard. Le solde provient de la région de Conthey. Au total, quelque 7000 mètres carrés soignés par Pierre Schwery. Des vignes de 20 à 30 ans d'âge, cultivées sur fil et situées dans des sols agréables à travailler. Les grappes sont récoltées à belle maturité, autour du fatidique 100° Oechslé.

La vinification de ce Gamay fait la part belle à la tradition. Avec le souci de d'extraire un maximum de couleur et de tannins sans perdre le fruité.

Autrefois, le Gamay de la Cave la Grotte était intégré dans la Dôle. Aujourd'hui la cave la Grotte en produit quelque 5000 cols qui réjouissent avant tout une clientèle privée très amateure de ce vin de plaisir. Comme Alexis Schwéry lui-même d'ailleurs.

Cave la Grotte

Cornalin (barrique), Cave Gilbert Devayes, Leytron

Leytron, sur le cône d'alluvions de la Losentze. C'est dans ces sols bien drainés, au lieu-dit Chauffisse, que Gilbert Devayes cultive son cornalin. Trois parcelles pour un total de 3200 mètres carrés de ce cépage bien valaisan. "Le plus difficile à travailler, mais qui donne un excellent vin très demandé", comme le dit l'encaveur.

Un bon vin, mais à condition de limiter sérieusement la récolte. Des vendanges en vert pour un rendement de 600 grammes au mètre carré et une maturité avoisinant les 95° Oechslé à la récolte: tels sont les mots clés.

A la Cave, le Cornalin que nous goûterons ce soir a connu une assez longue macération afin d'extraire le maximum des baies. Après une fermentation en cuves, le vin est mis sous bois. Des barriques de 3e vin qui assurent une oxygénation lente du vin sans le marquer de notes boisées indésirables.

Au final, ce Cornalin barrique 2012 est à l'image de l'encaveur. Un rude gaillard solidement charpenté. Un cru qui saura aussi vieillir harmonieusement, pour peu qu'on résiste à l'envie de le goûter précocement, avec une belle pièce de viande par exemple.

Cave Gilbert Devayes
Ruelle de la Cotze 5
1912 Leytron
Tel. 027 306 25 96
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Merlot, Domaine de la Colline de Daval, Sierre

Ce soir, le Merlot 2012 de Bertrand et Monique Caloz-Evéquoz (Colline de Daval) à Noës. Un vin élevé en barrique qui a su garder du fruit. Voici le texte du sujet… Ecoutez aussi les explications de notre consultant Emmanuel Charpin, dans le cadre de l’émission culturelle Marmelade…

Le Merlot est un cépage d’origine bordelaise. Très apprécié au Tessin, il est de plus en plus en vogue en Valais où il dépasse désormais les 100 ha.
Sur la Colline de Daval près de Sierre, Bertrand et Monique Caloz Evéquoz, en ont planté dès 1997. Aujourd’hui, ils en cultivent 3000 mètres carrés. Pour l’encaveur, pas de doute, le Merlot apprécie les terroirs calcaires et accommode fort bien des sols séchards de la région.
Bertrand Caloz est d’abord vigneron. Et c’est bien à la vigne que naît son Merlot. Durant l’été, chaque grappe est modelée pour n’en garder que les grains bien mûrs. Un solide dégrappage qui assure au Merlot une maturité avoisinant les 105 Oechslé.
En matière de vinification, on laisse au raisin le temps de donner le meilleur de lui-même. A la fin de la fermentation alcoolique, le vin est mis en barrique. Des fûts bourguignons soigneusement choisis, deux tiers de bois neuf, permettent au vin de s’épanouir tranquillement.
Le résultat est à la hauteur de ce méticuleux travail. Le vin est un bel athlète qui a su garder toute son élégance. Un vin de gastronomie qui saura aussi vieillir harmonieusement. Mais pas de problème pour le goûter simplement pour le plaisir…

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Humagne Rouge, Cave Philippoz, Leytron

En Valais, l'Humagne rouge est le quatrième cépage rouge du canton, derrière pinot, gamay et syrah. En deux décennies, sa surface a triplé pour s'établir à plus de 133 hectares.

A Leytron, où l'on choie particulièrement cette spécialité valaisanne, les Frères Philippoz en cultivent plusieurs parcelles, dans les meilleures zones du vignoble. Quelque 3000 mètres carrés de ceps. Les plus âgés sont quinquagénaires, comme sur cette parcelle située au lieu-dit les Chênes.

Fidèle au dicton qui affirme que le vin se fait à la vigne, les Philippoz limitent les rendements à 700 grammes au mètre, et ne gardent que le meilleur de chaque grappe. Ainsi, ils peuvent viser un taux de sucre naturel avoisinant les 95° Oechslé.

A la cave, les macérations sont un peu plus longues que d'ordinaire pour extraire un maximum de chaque baie. Le reste de la vinification est traditionnelle, en cuves, pour ce millésime 2012.

Au final, les Frères Philippoz présentent une bien belle bouteille, avec une Humagne rouge qui fait la part belle au fruit, tout en conservant son caractère sauvageon. Pas étonnant qu'elle rencontre un très beau succès en restauration. Mais elle se boit bien aussi pour le plaisir..

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